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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 19:43

Le 14 mai 2014, Mme Esther BENBASSA, sénatrice EELV, présentait à la presse sa proposition de loi N° 216 (PPL) enregistrée à la Présidence du Sénat le 11 décembre 2013.

Après une agitation médiatique et associative inévitable, nécessaire mais contre productive, il me semble important d'aborder en quoi tout ce bouillonnement (autant la PPL que cette agitation ) sur un sujet hautement politique se résume à maintenir l'identité de genre comme simple objet juridique au service unique des trans ce qui crée l'idée d'une minorité et, finalement, ne fait que renforcer la ségrégation et les discriminations.

 

Un peu d'histoire :

Parler politique nécessite d'aborder succinctement l'histoire des luttes trans, luttes largement inconnues du grand public. Aussi il n'est pas inutile de rappeler les très grandes lignes des dernières décennies.

Volontairement je ne donnerai que les grandes lignes, que ceux/celles, individus ou associations, qui se sentiraient flouées comprennent que ce résumé est écrit uniquement pour relater l'évolution des luttes trans et juste mettre en place les éléments basiques pour saisir le tournant actuel.

Comme il faut un début, je vais prendre comme point de départ les émeutes de Comptons Café à San Francisco en août 1966 qui marquent un début de la visibilité de la résistance trans au génocide du à l'apartheid des genres. À Cette époque, le terme trans était absolument inusité, seul l'était celui de travestie, terme qui classait les trans comme une variante de l'homosexualité.

Cette classification se retrouve dans la main mise de la communauté homosexuelle sur les émeutes de Stonewall du 28 juin 1969, émeutes qui, en réalité, furent initiées par les trans sur lesquelLEs les forces de l'ordre s’acharnaient.

En France (sujet de cet article), les luttes contre le système discriminatoire fut de longues années une lutte individuelle de personnes désirant vivre mais en acceptant une normalisation. Loin de moi de les blâmer, leurs luttes sont le fondement du bouillonnement actuel.

Dans les années 1980-1990, les premières associations trans sont apparues, associations d'aide mais aussi militantes portant des revendications qui, aujourd'hui, semblent dépassées. Leur travail fut important, la visibilité trans actuelle résulte directement de leurs actions, nous ne pouvons que les remercier.

Depuis le début des années 2000, des divergences sont apparues entre les tenants d'une évolution à petits pas (voire l'acceptation de la situation en essayant « de l'humaniser ») et ceux/celles (nettement plus rares) prônant un respect immédiat et absolu des Droits Humains. STS, groupe de réflexion, s'est, dès sa création, battu pour cette dernière solution.

2010 (environ) à aujourd'hui : progressivement une grande majorité d'associations trans a choisi une approche plus basée sur le respect des Droits Humains ce qui semble, en prime abord, la seule revendication logique mais, c'est oublier que leur approche est encore largement intégrationniste dans un système discriminatoire, le système de l'apartheid du genre. L'exemple le plus marquant est leur lutte principale : le changement d'état civil !

Or, une autre voie non discriminatoire et s'étendant au delà de la simple minorité communautaire trans existe, encore faut-il sortir des chemins battus et en saisir toute son importance.

 

Une loi trans ? Création d'un ghetto !

En apparence quoi de mieux qu'une loi dite loi trans qui nous apporterait la reconnaissance de nos droits ? Un très grand nombre d'associations trans se mobilisent pour une telle loi

Mais cette reconnaissance de nos droits via une loi dite trans est-elle souhaitable ?

Rapidement, je vais revenir sur deux propositions récentes :

Le 22 décembre 2011, Mme la Députée PS Michèle DELAUNAY déposa la proposition de loi N° 4127 à l'Assemblée Nationale, j'ai déjà longuement abordé ce que cette loi faisait : garder nos identités sous la coupe de la justice en niant les Droits Humains. Et pourtant que d'associations LGBT et Trans n'ont-elle pas applaudi cette PPL, la présentant comme la preuve d'une réelle volonté du PS de nous offrir les droits élémentaires qui nous sont refusés.

C'était voici plus de deux ans, où en sommes-nous ?

Le 11 décembre 2013, Mme la Sénatrice EELV Esther BENBASSA dépose sa PPL N°216 au Sénat.

Les termes sont différents, le fond est identique : judiciarisation et non respect des Droits Humains.

Et pourtant, le Conseil Fédéral d’EELV des 17 et 18 novembre 2012, a voté à l’unanimité moins six voix (deux contre, quatre abstentions) la motion déposée par la Commission LGBT d’EELV, publiée le 11 décembre 2012.

Que voici un beau rétropédalage d'EELV !

Doit-on en conclure que la commission LGBT d'EELV n'a, aux yeux des élus d'EELV et de ses instances dirigeantes, pas plus de poids que ne l'avait Gaylib, association LGBT de l'UMP, sur l'UMP ? Doit on en conclure qu'EELV qui dit haut et fort vouloir être en avance sur les questions sociétales n'est en fait qu'un parti de lutte de pouvoir ?

Où est passé l'esprit de mai 68 ? Dany réveille-toi !

Je me dois de parler aussi de l'esquisse d'une proposition de loi réalisée par l'ANT (Association Nationale Transgenre), association locale et nancéienne rêvant d'une influence nationale.

Le 4 mai 2014, par un communiqué de presse, l'ANT dévoile une « proposition de loi sur l'identité de genre ».

Je ne reviendrais pas sur un usage inexact du terme « changement de sexe » (page 5, un comble pour une association trans qui semble ne pas avoir compris que sexe et genre sont deux éléments distincts).

Cette association parle de liberté de changement d'état civil ce qui laisse penser liberté d'être qui on dit être, mais où est cette liberté si (article 98-8) la présence de deux témoins est obligatoire ?

Et ne parlons pas de la, toujours, judiciarisation de la procédure (article 98-11).

Certes, il me sera répondu que cette proposition de loi est très proche de celle votée en Argentine, loi progressive mais encore enchaînée par la conception que seuls deux genres sont envisageables.

Mais, au fait, une loi trans est-elle obligatoire ?

Je vais faire un parallèle avec le racisme.

Prenez les trois propositions sus citées et remplacez « identité de genre » par « couleur de peau » et trans (transgenres, transsexuelLEs) » par « noir ».

Quelle serait votre réaction si une telle loi s'imposait aux personnes de couleur ?

Ne crieriez vous pas au ghetto sauf à considérer que les personnes de couleur ne sont pas des êtres humains égaux en droit. ?

Donc, toute loi trans amène à considérer qu'une personne étiquetée trans n'est pas un être humain puisqu'une loi spécifique s'avère nécessaire, maintenant un différentiel, une coupure définitive entre deux types d'êtres humains : les trans et les cisgenres (donc les non trans). Et n'oublions pas que cette question concerne, elle aussi, directement les personnes intersexes soumises à des chirurgies dites réparatrices dès la naissance.

Le principe du ghetto est en place.

 

Comment s'en sortir ?

Nulle personne trans ne conteste que les droits humains élémentaires appliqués à l'expression d'une identité de genre non conforme à la norme sont bafoués en France mais aussi sur toute la planète.

Les discriminations sont quotidiennes, la précarisation est le lot de quantités de trans, nos mortEs rappellent que nos vies sont peu de choses pour autrui et pour l’État.

Il est inévitable lorsque l'on est confrontéE à cette violence sociale, médicale, étatique, judiciaire que la réaction première soit ''protégez-nous'', ''faites une loi pour nous protéger''.

De plus la précarisation entraîne des difficultés majeures pour avoir accès aux soins médicaux et touTEs les précariséEs qui désirent/ont besoin de soins médicaux ont une peur viscérale de voir la prise en charge par la sécurité sociale disparaître si l'identité de genre est démédicalisée donc dépathologisée ce qui accentuerait encore leur précarisation. J'ai développé dans cet article en quoi l'absence de loi spécifique n'était nullement un frein à une prise en charge médicale, l’État devant réparation.

Ces quelques éléments, dont l'accès aux soins, font, eux-aussi, débats dans d'autres pays au travers du monde et se traduisent par l'acceptation d'une très grande majorité de trans d'être ghettoïséEs au travers d'une loi spécifique.

Pourtant d'autres voix s'élèvent pour refuser le ghetto d'une loi trans et il suffit pour cela d'une volonté politique forte ayant comme base le respect des droits humains.

La base de cette volonté politique est la lutte contre l'apartheid du genre et deux points forts, et deux seulement, permettront la reconnaissance des identités trans comme une expression de la diversité humaine sans création de ghetto :

- La reconnaissance de l'identité de genre telle que définie dans les Principes de Jogjakarta comme élément fondamental de l'être humain (sous son appellation internationale et non sous une pseudo appellation franco-française ''d’identité sexuelle'') et l'inclure dans la liste des motifs de discrimination.

- L'application sans modifications de la première recommandation de M. Thomas HAMMARBERG, ancien Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe : ''Mettre en œuvre les normes internationales des droits de l’homme sans distinction et interdire expressément la discrimination fondée sur l’identité de genre dans la législation nationale antidiscrimination. Cette mise en œuvre au niveau national devrait s’inspirer des principes de Yogyakarta sur l’application de la législation internationale des droits humains en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre''.

J'ai abordé dans cet article, ce qu'est l'apartheid du genre et ses conséquences sur l'ensemble de la population.

Aussi, si nous désirons éviter le ghetto, si nous désirons que la diversité humaine existe, une seule loi est nécessaire avec un seul article et pourrait s'écrire ainsi :

Article 1 :

L'identité de genre telle que définie dans les Principes de Jogjakarta est un élément fondamental de chaque être humain. Sa discrimination est interdite. De ce fait, toute mention de sexe ou genre est interdite sur tous les papiers officiels.

Ce débat n'est pas spécifiquement français, d'autres, comme au Canada, défendent cette approche de liberté d'être.

Il est fondamental de comprendre l'importance de ce changement relatif de société, relatif car rien n'obligera une personne à ne pas se définir dans le système actuel (donc homme ou femme) mais cela permettra à toute personne désireuse de vivre sa vie de le faire selon son ressenti sans être amenée à effectuer, par exemple, un changement d'état civil.

 

Delphine PHILBERT

Auteur de ''Devenir celle que je suis'' aux Éditions Max Milo

Marraine et Vice-Présidente d'Objectif Égalité Lorraine, responsable des questions d'identité de genre.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:31

argentine-drapeau.jpg

L’Argentine : le vrai pays des Droits de l'Homme

delphine-p.jpgpar  Delphine Phibert

 

Oui, l'Argentine est le seul pays au monde à pouvoir revendiquer l'appellation de pays des droits de l'Homme.

En effet, en ce 9 mai 2012, en cette journée de l'Europe, le Sénat Argentin a voté à la majorité absolue (55 voix pour, 1 abstention, 0 voix contre) la loi sur l'identité de genre déjà votée par le Parlement Argentin en novembre 2011.

Dans son article 2, cette loi fait clairement référence à la définition de l'identité de genre (et non identité sexuelle comme cela a été relayé par l'ensemble de la presse française... par incompréhension de ce qu'est l'identité de genre) :

"L’identité de genre est comprise comme faisant référence à l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre, y compris l’habillement, le discours et les manières de se conduire."

L'identité de genre est reconnue par l'ONU.

Cette loi, fait unique au monde, met en application les douze recommandations émises par Thomas Hammarberg, ancien commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe dans son document, publié en juillet 2009, page 43 : "Droits de l'Homme et identité de genre". Ces recommandations sont basées sur le respect des droits de l'Homme appliqué à l'identité de genre.

Ainsi, l'Argentine, pays non européen, applique directement des recommandations d'un Commissaire du Conseil de l'Europe, ce qu'aucun pays européen ne fait.

Cherchez l'erreur !

Identité de genre et Droits de l'Homme

L'identité de genre est clairement définie (voir sa définition supra) pour la première fois dans les Principes de Jogjakarta (page 6) qui ont été développés et adoptés à l’unanimité, en 2006, par un groupe de brillants experts des droits humains, de diverses régions et origines.

Les Principes de Jogjakarta sont une série de principes sur l’application du droit international des droits de l’Homme en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Ces principes affirment lier les normes juridiques internationales auxquelles les états doivent se conformer. Ils promettent un futur différent, où tous les êtres humains, nés libres et égaux en dignité et en droits, pourront jouir de ce précieux droit à la vie.

Il faut bien comprendre que la définition de l'identité de genre concerne l'ensemble de la population de cette planète. En effet elle explique clairement que chaque individu exprime une identité de genre personnelle indépendante de celle de son voisin. Il y a donc à ce jour environ 7 milliards d'expressions d'identité de genre différentes qui reflètent la diversité humaine.

Thomas Hammarberg a écrit ses douze recommandations aux états Membres du Conseil de l'Europe en se basant sur ces Principes et, de facto, sur les Droits de l'Homme.

L’Argentine l'a bien compris, raison de l'appellation de cette "Loi sur l'identité de genre" et mise en application des recommandations européennes...

Une loi qui va au-delà de l'interprétation faite par les médias

Toute la presse, toutes les associations LGB (Lesbiennes, Gays, Bi) et associations T (trans) n'ont relevé et mis en avant que le changement d'état civil libre et gratuit sans conditions préalables.

En effet, c'est un bond en avant : toute expertise médicale, toute expertise psychiatrique, toute obligation de traitement hormonal, toute obligation de stérilisation (tous ces éléments étant, par exemple, demandés en France) sont interdites par cette loi.

Mais cette loi par la reconnaissance directe de l'identité de genre dans sa définition précise ouvre d'office la reconnaissance de la transphobie.

Cette loi prend en compte les enfants et adolescents exprimant une identité de genre non conforme au genre donné à la naissance en fonction des organes génitaux. Ces mêmes enfants, adolescents, sont concernés par la liberté d'exprimer leur identité de genre dès leur plus jeune âge (ce qui est refusé en France) avec les mêmes Droits que les adultes.

Bien évidemment, des mesures spécifiques sont prévues afin de garantir l'intérêt supérieur des droits des Enfants puisque le consentement des représentants légaux est demandé et dans le cas du refus de ces représentants légaux, l'enfant peut demander le consentement d'un juge.

Cette loi prend en compte les Droits Humains jusque dans l'accès aux traitements médicaux et/ou chirurgicaux. En effet, outre que ces traitements ne sont plus rendus obligatoires, la seule condition pour y avoir accès est le consentement éclairé de la personne (avec les mêmes précautions pour les enfants que pour l'accès au changement d'état civil).

La seule demande ce ce consentement éclairé traduit un respect total des Droits Humains appliqués à l'identité de genre.

Il est aussi prévu le remboursement par les autorités sanitaires des traitements médicaux et/ou chirurgicaux s'ils sont souhaités.

Cette loi prend en compte le respect de l'individu garantissant la vie privée puisque tout changement d'état civil restera protégé par cette loi.

Et pendant ce temps en France...

François Hollande, Président élu le 6 mai 2012, parle "d’Égalité des droits pour tous", j'ai résumé dans cet article : "LGBT : Hollande Président et l’Égalité des Droits pour Tous ? Les trans exclus" la position floue du PS et de son organisation LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Trans) , HES (Homosexualité et Socialisme) sur la question du respect des Droits de l'Homme appliqué à l'identité de genre.

En décembre 2011, Mme Delaunay, députée PS de la Gironde et fervente défenseur des Droits Humains appliqués aux trans, a déposé une proposition de loi N° 4127 visant à la simplification de la procédure de changement de la mention du sexe dans l’état civil des personnes transgenres.

J'ai écrit ici-même, le 29 décembre 2011, une "lettre ouverte à Mme Delaunay" afin de pointer du doigt les incohérences de cette proposition de loi, me mettant à dos la quasi totalité des associations LGB et associations T.

Après contact direct avec Mme Delaunay, j'ai eu la réponse suivante : "Cette proposition de loi est une avancée. La France n'est pas prête à ce que l'ensemble des recommandations de M. Thomas HAMMARBERG soient appliquées... " Or, un mois avant, le Parlement Argentin avait voté une loi respectant ces douze recommandations !

Certes, dans cet article du Nouvel Obs, le journaliste, rapporte ces propos de Mme Beatriz Sarlo : "C'est une société dont l'opinion publique est urbaine, ce qui permet à l'Argentine d'adopter des lois qui demeurent impossibles ailleurs", selon Mme Sarlo. "En France et dans d'autres pays, l'opinion publique a ses racines dans les campagnes", a-t-elle ajouté."

Ma seule réponse à cette désinformation manifeste visant à promouvoir un non respect des Droits de l'Homme appliqués à l'identité de genre et qui justifierait l'attentisme de la France est celle-ci :

"En ce jour de mai 2012, suite à l'élection d'un Président Socialiste, élection hautement symbolique 31 ans après l'élection du premier Président socialiste de la Vème République M. François Mitterrand, il serait bien de se rappeler que certaines lois pour le respect des droits de l'Homme peuvent être votées au nom de l'Egalité des Droits pour Tous. En 1981, sous l'impulsion d'un homme qui respecte les Droits Humains, M. Robert Badinter) l'abolition de la peine de mort fut votée contre la volonté de la majorité des citoyens français hostiles à cette époque à cette abolition."

Aussi, si le Président de la république est bien le "Président de tous, fier d'avoir redonné espoir" et partisan du changement, il se doit de faire ce que l'Argentine a fait pour ses propres citoyens : respecter les Droits de l'Homme et appliquer sans restrictions les douze recommandations de Thomas Hammarberg.

Et le PS doit le dire haut et fort sans atermoiements.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 10:12

delphine-p.jpgpar  Delphine Phibert

 

 

Une révolution aurait-elle lieu ?

La question mérite d'être posée, d'autant plus que les médias traditionnels ont occulté ce point central du discours de Jean-Luc Mélenchon lors du Meeting LGBT pour l’Égalité le 31 mars 2012.

En effet dès sa prise de parole, Jean-Luc Mélenchon a mis la question de l'identité de genre au centre du débat sociétal à venir comme un point fondamental pour le respect des Droits Humains :

« Le point de départ, le voilà, […] quel est le fil conducteur ? […] l'angle le plus intéressant d'entrée dans la réflexion, c'est par le transgenre. […] ce qui est l'humain, sous cet angle, c'est son identité universelle […] Quant on réfléchit à partir du thème du transgenre, de la réalité du transgenre, on accède de manière absolument brûlante à cette idée que l'identité fondamentale de l'être humain est une identité universelle et […] ce qui est essentiel c'est l'universalité. » (Jean-Luc Mélenchon, le 31 mars 2012)

Les cinq premières minutes de son intervention sont magistrales de clarté et de compréhension de ce qu'est l'identité de genre telle que définie dans les Principes de Jogjakarta (page 6).

 

 

Mélenchon, seul candidat officiel à parler ''Droits Humains'' :

Cette campagne à l'élection présidentielle est emplie de surprises et de rebondissements.

Je laisse d'autres débattre de sujets qui, a priori, intéressent la majorité des français : crise, chômage, dette… et sujets qui semblent bien éloignés de l'identité humaine et de l'identité de genre. De même, je n'entrerai pas dans ce débat politique.

Je suis déjà intervenue sur le + du Nouvel Obs pour apporter ma modeste pierre à la réflexion sur la transidentité et l'absence de respect des Droits Humains vis à vis des expressions de l'identité de genre.

Depuis des mois, j'essaie de mettre en avant cet universalisme de l'identité de genre.

Les obstacles sont multiples et le premier est d'arriver à faire entendre que le respect des Droits Humains et en particulier l'article premier (« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. ») ne sera possible que par la reconnaissance officielle de l'identité de genre.

Cette notion d'égalité de droits transcende les partis politiques, de la droite à la gauche de l'échiquier politique, le terme est largement employé mais souvent incompris ou, plus exactement, considéré avec des restrictions.

M. Mélenchon parle des transgenres et d'identité de genre. Il est un des rares à voir au-delà des revendications parcellaires portées par les associations LGB (Lesbienne, Gay et Bisexuelle) et T (trans) et d'avoir clairement défini le seul niveau d'application des Droits Humains acceptable pour l'humanité : la reconnaissance de l'identité de genre comme reconnaissance de l'universalisme des humains.

À ce jour, un seul parti, sans candidat à la campagne présidentielle, a défendu les Droits Humains vis à vis des trans : le Parti Radical de Gauche via la prise de position nette de son président, M. Jean-Michel Baylet, à un questionnaire de HES (Homosexualité et Socialisme).

J'ai expliqué dans cet article sur le + du Nouvel Obs l'aspect rétrograde des réponses des autres candidats aux primaires citoyennes de l'automne dernier qui nient, de facto, le respect des Droits Humains et leur universalisme.

Le candidat socialiste a oublié cet aspect fondamental (Article du 22 octobre 2011 : ''Au candidat officiel du PS : n'oubliez pas les Droits de l'Homme !'') et ne parlons pas des candidats de la droite, du centre et des extrêmes gauche et droite !

Photomontage du palais de l’Élysée, le drapeau trans en surimpression

 

M. Mélenchon, êtes-vous prêt à aller plus loin ?

En effet, loin des paroles sont les actes.

Les campagnes électorales nous ont appris que « les promesses ne valent que pour ceux qui veulent y croire », personnellement je veux y croire mais je veux les voir se réaliser, ne serait-ce que pour ces dizaines de milliers de personnes étiquetées trans qui sont reléguées hors de la société mais aussi pour une vision humaine de la société qui met l'être humain au centre de la vie.

Voici plusieurs mois, j'ai envisagé sérieusement la création d'un Ministère de l'identité de genre.

Êtes-vous prêt à faire plus ? :

La création d'un Ministère des Droits de l'Homme et de l'Identité de Genre !

En effet, j'ai développé l'idée qu'une seule loi amènerait inévitablement l'application réelle des Droits Humains dans notre société.

Elle est rédigée dans cet article que j'ai écrit pour l'association Objectif Égalité Lorraine dont je suis une des  marraines : Identité de genre... Transidentité... Ques Acco ?

Cette loi, qui dans l'absolu devrait être introduite dans la Constitution Française, se résume à un article :

« Article unique : « L'identité de genre telle que définie dans les Principes de Jogjakarta est reconnue par l’État Français et toute discrimination du fait de l'expression de son identité de genre est interdite. »

Votre intervention lors du meeting pour l'égalité du 31 mars ouvre des perspectives humanistes, aussi je renouvelle ma question :

Êtes-vous prêt à faire plus ?

 

Delphine PHILBERT

Marraine d'Objectif Égalité Lorraine

Auteure de ''Devenir celle que je suis'' aux éditions Max Milo

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 12:04
Toutes ces vidéos sont extraites (avec autorisation) de la chaîne YouTube de Delphine Philbert, notre marraine. Objectif Egalité Lorraine y adhère totalement. La transidentité n'est pas un monopole mais se partage aussi et surtout pour faire évoluer les mentalités chez nous, L(esbiennes), G(ays), B(i)s, T(rans), I(ntersexes), H(étéros), et au niveau du grand public... VOUS !

 


 

 

 

 


Objectif Egalité Lorraine m'ayant fait l'honneur d'être une de ses marraines, je me dois de réaliser une présentation concernant la transidentité afin de faire reculer les idées fausses et recentrer les débats sur la transidentité vers le seul sujet important : la reconnaissance politique de l'identité de genre.
 Le lien vers ma page Youtube, vous y trouverez tous les interviews qui ont eu lieu depuis la sortie de mon livre, les vidéos les plus intéressantes sont celles des émissions radio : Bang Bang, Audrey Pulvar et des émissions de Daniel Conrad et Julien Gelly sur RCN 90.7 FM ; les vidéos numérotées de 1/7 à 7/7 réalisées lors de la présentation de mon livre à la librairie Terra Nova.
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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:02

phibertpar  Delphine Philbert


Objectif Egalité Lorraine m'ayant fait l'honneur d'être une de ses marraines, je me dois de réaliser une présentation concernant la transidentité afin de faire reculer les idées fausses et recentrer les débats sur la transidentité vers le seul sujet important : la reconnaissance politique de l'identité de genre.
En effet, comme nous le verrons plus loin, l'identité de genre (et ses expressions) concerne aussi les L (lesbiennes) G (gays) B (bis) et... les H (pour hétéros) !
Pour commencer, une petite leçon de sémantique historique pour comprendre les termes utilisés :
Transsexualité, transsexuel(le)s sont des termes qui furent créés voici un siècle exactement (en 1912) par un psychiatre allemand afin d'expliquer ce que vivait une de ses patientes se « sentant femme dans un corps d'homme ».
Ce sont des termes médicaux qui veulent dire « changer de sexe », or les personnes trans ne changent pas de sexe, elles expriment leur identité de genre (voir la définition plus loin) de façon non conforme au genre qui leur fut imposé à la naissance en fonction de leur sexe biologique de naissance.
Ces termes médicaux, construits sur des bases erronées à une époque lointaine, sont typiquement des termes pathologisants et discriminants qui s'appuient sur une politique étatique discriminatoire des genres en fonction du sexe de naissance
Ils sont, pour ces raisons, à exclure du langage.
Transidentité, transgenres sont les termes justes qui traduisent une « transgression » de l'identité de genre. Je préfère le terme « transgression » qui sous-entend une volonté de ne pas appliquer ce que l'État impose (c'est-à-dire le genre en fonction du sexe de naissance : un pénis et vous êtes un homme, un vagin et vous êtes une femme) plutôt que « trans » dans le sens « passer » d'un genre à un autre, car une personne transgenre ne passe pas forcément d'un genre à un autre, par contre elle transgresse le genre imposé à la naissance.
Il est important de savoir que certaines personnes transgenres refusent cette appellation soit car ils/elles se sentent malades et acceptent une étiquette médicale, soit refusent d'être associé(e)s aux transgenres qui ne désirent pas avoir un traitement hormonal et/ou un traitement chirurgical des organes génitaux (un bel exemple de discrimination entre discriminés...).
Aussi, par souci d'éviter des combats d'arrière-garde qui n'aident pas à combattre pour le respect des Droits Humains, je conseille aux non avertis d'utiliser le terme « trans » tout simplement.
Voici un petit tableau résumant les anciens termes à oublier, et les nouveaux à connaître :

PAS DE UTILISEZ
Transsexuel(le) Personne transgenre ou
personne trans ou
transidentitaire (en faisant bien attention au genre linguistique utilisé, donc au féminin si d'homme vers femme, et au masculin si femme vers homme)
Il ou elle a changé de sexe Il ou elle exprime son identité de genre
Transsexualité ou
Transsexualisme
Transidentité
Parler du parcours de la personne sans son accord et/ou insister sur les aspects médicaux et/ou chirurgicaux 
 

 

 

 

 

 

 

 

Mais qu'est cette « identité de genre »  ?
L'identité de genre fut clairement définie dans les Principes de Jogjakarta en 2006 (page 6).
Les Principes de Jogjakarta sont une série de principes sur l’application du droit international des droits de l’homme en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Les Principes affirment lier les normes juridiques internationales auxquelles les États doivent se conformer. Ils promettent un futur différent, où tous les êtres humains, nés libres et égaux en dignité et en droits, pourront jouir de ce précieux droit à la vie.
Les Principes ont été développés et adoptés à l’unanimité par un groupe de brillants experts des droits humains, de diverses régions et origines, y compris des juges, des universitaires, un ancien Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, des Procédures spéciales des Nations Unies, des membres des Organes de Traités, des organisations non gouvernementales et d’autres.
Voici cette définition, reconnue par l'ONU (Organisation des Nations Unies) :
« L’identité de genre est comprise comme faisant référence à l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre, y compris l’habillement, le discours et les manières de se conduire. »
Comme vous pouvez le découvrir, cette définition démontre que l'identité de genre concerne la totalité des individus vivants sur cette planète.
Sa lecture permet de comprendre qu'il existe autant d'expression de son identité de genre que d'individus vivants à cet instant T (de facto environ 7 milliards d'expressions d'identité de genre en ce début de 2012).
Une lecture plus approfondie et avec une grille de lecture avec les étiquettes existantes à ce jour permet de diviser la population mondiale en deux catégories : les cisgenres et les transgenres.
Les premiers ont une expression de leur identité de genre en accord avec leur genre assigné à la naissance.
Les seconds regroupent tous les individus qui expriment une identité de genre en désaccord avec le genre assigné à la naissance, et ces individus vont des travesti(e)s (qui vivent ainsi à temps partiel ou complet), en passant par les Drag Queens, les Drag Kings, les Queers, les agenres, les transgenres justes hormoné(e)s et les transgenres hormoné(e)s et opéré(e)s.
Cette définition permet de comprendre que la transidentité concerne largement plus que les quelques epsilon % généralement annoncés par les rares chiffres avancés par les « officiels » qui ne prennent en compte que les trans hormonés, opérés et étant passés entre les mains des équipes autoproclamées dites « officielles ».
De fait « Être trans c'est quoi ? » :
La réponse : une étiquette inégalitaire.
Une étiquette collée pour définir un être humain, avec ses joies et ses peines.
Et « être humain » c'est quoi ?
Le droit de pouvoir se définir tout simplement, se définir en fonction de soi, en fonction de l'ensemble de son identité, y compris son identité de genre ; c'est aussi le droit de pouvoir accéder pleinement aux droits humains.
Donc un(e) trans est un être humain qui exprime son identité de genre par, au choix, l'habillement, le discours, les manières de se conduire et/ou des moyens médicaux et/ou chirurgicaux. Ce n'est guère diffèrent des autres humains qui suivent les modes vestimentaires, qui, certains, ont recours à de la chirurgie esthétique...
Êtres humains ? Est-ce sûr ?
Droits de l'Homme et des Citoyens, article 1  (extrait) :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. […] »
Les trans sont-ils libres et égaux aux autres humains ? À vous de juger.
En 2012 les trans :
— sont encore classifiés en tant que malades psychiatriques, car malgré l'annonce de Mme Bachelot-Narquin de 2010, les certificats psychiatriques sont toujours obligatoires dans toutes les démarches.
doivent habituellement être stérilisé(e)s de façon définitive si les trans veulent obtenir un changement d'état civil (réponse du Ministre de la Justice le 30 décembre 2010 à une question posée le 22 juillet 2010 par Mme Maryvonne Blondin, Sénatrice)
doivent divorcer pour obtenir un changement d'état civil, si une des deux personnes du couple est trans.
doivent subir des expertises médicales et psychiatriques.
ne sont pas protégés par la loi contre tout acte de violence ou de discrimination (encore appelée transphobie) du fait de leur identité de genre.
et la liste est encore bien plus longue...
Est-il anormal que des êtres humains demandent que les Droits de l'Homme soient respectés ?
Nous demandons que l’État joue son rôle de protection de ses citoyens.
Nous demandons que l’État respecte les Droits de l'Homme.
Nous demandons que l’État cesse les discriminations qu'il nous impose.
Nous demandons que l’État prenne en compte les douze recommandations écrites par M. Thomas HAMMARBERG, Commissaire des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe, page 43 du document « Droits de l'homme et identité de genre ».
Nous demandons que l’État applique la résolution 1728 votée par l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe.
Est-ce trop demander ?
Identité de genre et discriminations :
Voici un sujet qui élargit la vision de ce qu'est l'identité de genre.
Pour aborder ce chapitre, je ne peux que vous demander d'ouvrir votre esprit, de bien lire et relire la définition de l'identité de genre et, surtout, réussir à sortir de l'idée que le sexe génital fait le genre car le genre n'est qu'une construction sociale imposée par nombre de sociétés afin de garder un mode discriminatoire de fonctionnement hétéro-patriarcal.
Cette approche nous est difficile car nous sommes imprégnés par la notion que le sexe définit le genre et aller plus loin dans le raisonnement demande d'oublier les étiquettes connues (sur ce qu'est un homme, une femme, mais aussi ce que sont les orientations sexuelles) et d'imaginer un monde débarrassé du diktat du sexe sur le genre.
Il s'agit d'une approche qui déstabilise car elle nous demande tellement d'effort qu'il est plus simple de rester avec ses certitudes d'opposition entre genres, de divisions entre orientations sexuelles.
Reconnaître la primauté de l'identité de genre (et de la multitude de ses expressions) sur le sexe génital permet de respecter les Droits Humains appliqués à chaque individu le laissant libre de s'autodéfinir hors de toute étiquette.
De facto, la diversité est reconnue, les orientations sexuelles sont envoyées dans les oubliettes de l'histoire des étiquettes, de même le féminisme s'éteint puisque nulle personne ne peut plus imposer son identité de genre comme identité de référence.
Idées utopiques ? Oui, si on refuse de réaliser que le monde peut être différent. Mais les utopies de ce jour ne sont-elles pas une réalité possible pour demain ?
Il est temps que les associations LGB, les associations féministes, les associations luttant contre les discriminations comprennent que les T(rans) ne sont pas des ODNI (objets de discriminations non identifiés) ou juste un sigle mais que nous sommes ce que Françoise Sironi appelle « les passeurs de monde ».
Ces passeurs de monde que certaines sociétés chamaniques reconnurent comme chamans car entre divers mondes : le monde vivant, le monde minéral, le monde des esprits, le masculin, le féminin...
Et de nos jours, ce sont des passeurs de monde d'un monde hétéro-patriarcal discriminant à un monde régi par l'identité de genre dans lequel chaque individu se définit lui-même loin des étiquettes qui discriminent, loin des luttes contre autrui, mais une lutte pour qu'autrui vive en accord avec les autres.
Et, pour cela, l'importance de l'identité de genre doit être assimilée et l’État doit reconnaître la prépondérance de cette identité sur le sexe génital, ce qui passe par la mise en place d'une seule loi :
Article unique : « L'identité de genre telle que définie dans les Principes de Jogjakarta est reconnue par l’État Français et toute discrimination du fait de l'expression de son identité de genre est interdite. »
Une seule loi pour lutter contre toutes les discriminations liées à l'expression des identités de genre !


Delphine Philbert
Auteure de « Devenir celle que je suis » aux éditions Max Milo
Marraine d'Objectif Égalité Lorraine
Invitée et observatrice de LGBT66
Modératrice sur le Forum des Transidentités


Quelques liens importants :
Les principes de Jogjakarta (intéressant aussi pour les LGB), la définition de l'identité de genre (définition reconnue par l'ONU) se trouve page 6.
Le document "Droits de l'homme et identité de genre" de Thomas Hammarberg, Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe.
Résolution 1728 de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe.
 Plusieurs liens vers des écrits d'Hammarberg :
 La discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en Europe (Conseil de l'europe, décembre 2011).
Les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres sont toujours victimes de discrimination en Europe (juin 2011).
Les établissements scolaires doivent cesser de diffuser des messages homophobes et transphobes (septembre 2011).
Ne tolérons plus la discrimination à l'encontre des transgenres (janvier 2009).
 Le lien vers ma page Youtube, vous y trouverez tous les interviews qui ont eu lieu depuis la sortie de mon livre, les vidéos les plus intéressantes sont celles des émissions radio : Bang Bang, Audrey Pulvar et des émissions de Daniel Conrad et Julien Gelly sur RCN 90.7 FM ; les vidéos numérotées de 1/7 à 7/7 réalisées lors de la présentation de mon livre à la librairie Terra Nova.

Quelques livres importants :

Ces trois livres sont ajoutés par l'association Objectif Egalité Lorraine. Pour plus de détails sur ces ouvrages, merci de cliquer sur les couvertures.  

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